Projet d’appui aux aires marines protégées du Saloum pour l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques

État : En cours | Nombre de bénéficiaires : 50 430 personnes

Durée du projet : 2018/2020, 24 mois

Lieu : Aire Marine Protégée de Joal (AMPJ) et Réserve Naturelle Communautaire de Palmarin (RNCP), Delta du Saloum, Sénégal

Partenaire local

Nebeday est une organisation sénégalaise de gestion participative des ressources naturelles qui comptabilise 6 années d’existence et qui a d’ores et déjà réalisé plusieurs projets impactant.

Créée en juin 2011, à l’initiative de Jean Goepp, auparavant coordonnateur des projets d’Océanium, Nebeday veut dire l’arbre de vie, la devise de l’association étant : « l’environnement au cœur du développement ».

Nebeday est parmi les seuls acteurs à mener des projets participatifs de protection de la biodiversité et de lutte contre les conséquences des modifications du climat, dans une zone particulièrement vulnérable qu’est le Delta du Saloum, inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Pour Nebeday, l’environnement est au coeur d’un développement qui ne peut se faire que par et pour les populations rurales sénégalaises.

La principale expertise de Nebeday réside non seulement dans sa thématique d’intervention qu’est la lutte contre les conséquences des changements climatiques, mais également dans sa méthode d’intervention particulièrement proche des populations et réellement participative. Cela lui permet de mettre en œuvre des programmes préservant l’environnement et luttant efficacement contre les modifications du climat.

Cette ingénierie sociale s’appuie sur une communication forte réalisée grâce à des campagnes de cinéma-débat itinérant, des séances de palabres mais surtout des échanges et le respect et la connaissance des us et des coutumes locales.

Cette expertise permet à Nebeday la réalisation de projets innovants dans le domaine du climat en réponse aux besoins exprimés par les populations.

La problématique

Avec plus de 2/3 de son territoire situé en zone soudano-sahélienne, de faibles précipitations annuelles (entre 100 et 500 mm) et 720 km de côtes, le Sénégal est un des pays d’Afrique de l’Ouest les plus sensibles aux changements climatiques. Il doit donc s’y adapté dans trois domaines prioritaires : l’agriculture, la ressource en eau et la zone côtière.

Malgré l’intégration de cette menace, le gouvernement sénégalais peine à intégrer l’adaptation au changement climatique en terme de politiques publiques concrètes.

La population rurale et côtière qui représente plus de la moitié de la population totale (plus de 60% de la population active est agriculteur, éleveur ou pécheur) est fortement tributaire des ressources naturelles. La pression sur ces ressources engendre leur raréfaction et/ou leur dégradation qui exacerbent le processus de paupérisation et rend davantage vulnérable les communautés concernées face aux impacts négatifs des changements climatiques.

C’est donc en priorité dans les zones rurales et côtières, sur des secteurs où des ressources naturelles sont encore présentes et en collaboration avec les populations les plus pauvres que devront se concentrer les actions d’adaptation au climat pour leur donner un maximum de chance d’être adoptées, répliquées et intégrées aux référentiels de développement locaux et leur permettre ainsi de contribuer au principal défi que doit relever le pays en ce début de 21ème siècle.

Baobab, amas coquiller datant du néolithique, bolon et mangrove

Objectifs/activités

Objectif global : Lutter contre les changements climatiques à travers deux Aires Marines Protégées Communautaires fonctionnelles (AMP) ; l’Aire Marine Protégée de Joal et la partie maritime de la Réserve Naturelle Communautaire de Palmarin (RNC).

Objectif spécifique : Contribuer au stockage de carbone (atténuation) par la fabrication de bio-combustibles solides durables, le reboisement, la sauvegarde de la biodiversité marine dans 2 AMP et réduire l’impact des évolutions climatiques (adaptation) grâce à la promotion d’une véritable « économie verte », durable et structurée.

  • Plantation d’arbres (50 000 arbres continentaux seront plantés dans les AMP de Joal et Palmarin) : formation des bénéficiaires au reboisement, formation d’un comité de reboisement
  • Production de 15 000 kg de bio charbon à Palmarin qui seront consommés dans les 2 AMP : évaluation de la biomasse herbacée disponible pour la fabrication du charbon de paille à Palmarin, constitution et équipement des GIE
  • Travail à la protection efficace de la biodiversité marine à travers les deux AMP : délimitation des AMP avec des balises, formation sur les activités de préservation des AMP pour les bénéficiaires (comités de gestion, écogardes, leaders villageois), suivi de la biodiversité marine
  • Production et commercialisation d’au minimum 300 kg de miel annuellement par le GIE d’apicultrices de Joal. Ces femmes seront formées et équipées grâce au projet : identification, formation et équipement des apicultrices, constitution des GIE, suivi des apicultrices
  • Mise en place d’un périmètre agro forestier villageois par les femmes d’un village parmi les 4 villages de Palmarin (Ngallou, Ngueth, Ngounoumane, Diakharor) : équipement du périmètre agro forestier, formation et suivi des bénéficiaires (agricultrices)

Les bénéficiaires

Le projet se déroule dans l’AMP de Joal et la RNC de Palmarin dont voici les données démographiques :
RNC Palmarin : 10 430 habitants
AMP Joal : 40 000 habitants.

Bénéficiaires directs :
Les résultats du projet concernent tous les habitants de l’AMP et de la RNC, soit 50 430 bénéficiaires.

Autres bénéficiaires directs :
-Les comités de gestion des 2 AMP.
-Le (s) Groupements d’Intérêt (s) Economique (s) (G.I.E.) qui s’adonneront aux activités d’apiculture, d’agro-foresterie et de bio-charbon, soit au moins 200 personnes.

Bénéficiaires indirects :
-Les pêcheurs car les ressources seront protégées.
-Les habitants des AMP car à travers la création de richesse et le développement de filières l’environnement sera protégé.
-Les hôteliers (une vingtaine de structures touristiques) qui disposerons de plus de ressources locales disponibles (légumes biologiques).