Amélioration des conditions de vie des ouvriers des plantations du Sri Lanka incluant une démarche innovante pour répondre aux problématiques d’habitat

État : Achevé | Nombre de bénéficiaires : plus de 112 798 bénéficiaires

Durée du projet : 2016 – 2017

Lieu : Districts du Sud, de Ratnapura, de Nuwara Eliya, de Kandy, de Galle


Partenaires locaux

International Institute of Development Training (IIDT), constitue la branche non lucrative d’un cabinet de consultants nommé EML, créé initialement par Ernst & Young et DHV Hollande en 1993 à Colombo avant d’être confié à l’équipe locale en 2004. IIDT mène de nombreux projets de développement en partenariat avec de grands bailleurs comme la Banque Mondiale et la Banque Asiatique de Développement, dans la construction, l’environnement, les enquêtes socio-éducatives, le conseil en management, la formation professionnelle, l’encadrement d’équipe, l’évaluation de projets de grande envergure etc.

Le National Workers Congress (NWC), est un mouvement social syndical indépendant, non politique et fondé sur des valeurs, qui s’engage à protéger et à promouvoir les droits des travailleurs dans toutes les formes d’emploi et à promouvoir leurs normes sociales. À l’échelle internationale, la NWC est affiliée à l’International Trade Union Confederation (ITUC).

La problématique

Plus de 21.4% de la population active du Sri Lanka est employée dans les diverses activités du secteur des plantations, en particulier les plantations de thé. Sur une population de 20 millions d’habitants, plus de 900 000 Tamils d’origine indienne (250 000 familles) vivent dans ces plantations. Les statistiques sur la pauvreté montrent de fortes inégalités, en particulier dans ce secteur où 30 à 40% des employés vit avec moins de deux dollars par jour. De plus, les habitations sont souvent insalubres et rares sont celles qui sont équipées en eau courante ou qui disposent de toilettes à proximité.
Bien que quelques améliorations aient été apportées ces dernières décennies, le secteur des plantations est toujours à la traîne dans quasiment tous les indicateurs de développement au Sri Lanka.
Les hauts niveaux de pauvreté dans les plantations sont dus à plusieurs facteurs parmi lesquels :

  • De faibles augmentations de revenus, qui ne suivent pas l’inflation.
  • Une dépendance presque totale aux salaires comme source de revenus (accès limité ou nul aux terres, au capital, à la technologie, à l’information et aux marchés)
  • Une disponibilité irrégulière du travail.
  • Un nombre élevé de personnes à charge par foyer.
  • Une forte consommation d’alcool.
  • Un manque d’accès à des infrastructures de bases dans différents secteurs : santé, éducation formelle et non-formelle, eau et assainissement, logements.

Il faut ainsi souligner que les populations des plantations sont isolées depuis de nombreuses années, coupées des administrations qui sont censées accompagner les citoyens et leur fournir un système de santé, d’éducation et d’autres avantages. Même aujourd’hui, alors que les plantations sont passées sous une gestion privée, des controverses existent pour déterminer quand et comment les travailleurs pourront être reconnus par l’administration publique générale, et en conséquence, leurs droits ne sont pas toujours respectés. En outre, la faible mobilité des travailleurs des plantations de thé ne leur a pas permis de profiter des bénéfices du développement autant que les travailleurs d’autres secteurs du pays. De plus, près de 40% de la main-d’œuvre vivant dans les plantations n’est pas employée par la plantation et exerce souvent un travail abusif et très peu rémunéré en dehors du secteur.

Par ailleurs, les habitants des plantations font face à des problèmes majeurs de santé et de dégradation de l’environnement dus notamment à l’utilisation de produits agrochimiques dangereux et de pratiques agricoles impropres entrainant de la pollution et l’envasement des sources d’eau. Les déchets s’entassent également aux abords des plantations et des habitations car aucun système de tri ou de collecte n’est efficace, ce qui entraine la propagation de maladies.

Objectifs/activités

L’objectif global du projet était d’améliorer les conditions de vie des ouvriers des plantations et de leur famille dans une démarche de développement durable.

Activités menées :

  • Construction de maisons individuelles, de latrines, douches, salles de repos
  • Lutte contre le travail des enfants et le décrochage scolaire
  • Formation professionnelle pour les jeunes
  • Education non-formelle
  • Mise en place d’épiceries coopératives
  • Réhabilitation de centres communautaires
  • Accès à l’eau et à l’électricité
  • Mise en place de fonds de micro-crédit
  • Promotion du rôle de la femme
  • Formation des ménages en gestion budgétaire
  • Sensibilisations (Lutte contre l’alcoolisme, VIH, droits des enfants, droit des femmes etc..)
  • Lobbying auprès des compagnies de thé pour de meilleures conditions de vie pour les ouvriers
  • Soutien des personnes en situation de handicap et des personnes âgées
  • Mise en place d’un système de gestion de déchets
  • Sensibilisation à l’hygiène

Les bénéficiaires

112 798 ouvriers des plantations de thés et leurs familles